Make Me Yoga est dans Agir Magazine

De l’a­te­lier à la salle de yoga…
Agir Magazine N°43 – Novembre / Décembre

Ou com­ment les sala­riés d’une fer­ron­ne­rie pari­sienne s’ac­cordent des pauses de bien-être !

En 2001, Steaven Richard créait, à Paris, son ate­lier de fer­ron­ne­rie d’art.
Aujourd’hui, son entre­prise emploie quatre fer­ron­niers à temps com­plet, aux­quels s’ajoutent des sala­riés tem­po­raires en période de forte activité.
Ce fut le cas l’été der­nier : afin de réa­li­ser une com­mande de grande enver­gure, le chef d’entreprise a mobi­li­sé une équipe d’une dizaine de per­sonnes sur un chan­tier éprouvant.
Pour les sou­te­nir dans cette période de tra­vail inten­sif, il a eu une idée ori­gi­nale : pro­po­ser à l’ensemble de ses sala­riés des cours de yoga.

3 ques­tions à Steaven Richard
Ferronnier d’art
« Créer des moments de décompression »

Agir Mag : Comment est née cette initiative ?

Steaven Richard : Cet été, j’ai été sol­li­ci­té pour réa­li­ser une com­mande très impor­tante, et dif­fi­cile techniquement.
Pour y répondre, j’ai deman­dé à mon équipe de four­nir le maximum.
L’enjeu était de pou­voir aller jusqu’au bout de cette mis­sion sans qu’il y ait de casse au niveau du dos, des coudes, des genoux…
Malgré l’intensité du tra­vail exi­gé et la pres­sion induite par des délais ser­rés, il fal­lait tenir nerveusement.
Je me suis retrou­vé dans la posi­tion de l’entraîneur cen­sé pré­pa­rer des ath­lètes à la compétition.
C’est dans ce contexte que j’ai appris l’ouverture de la salle « Make me yoga », située à quelques rues de l’atelier.
Même si je n’étais pas moi-même pra­ti­quant, j’imaginais que des séances de yoga pou­vaient ser­vir de bulles de décom­pres­sion, essen­tielles pour le phy­sique comme pour le men­tal. J’ai donc déci­dé de finan­cer des cours à l’ensemble de mes sala­riés, qui pou­vaient s’y rendre après le travail.
Aujourd’hui, le chan­tier est ter­mi­né… Mais je sais que l’expérience pour­ra être renouvelée.

Agir Mag : Globalement, com­ment appréhendez-vous le volet « san­té » dans votre acti­vi­té ?

S. R. : La fer­ron­ne­rie est un métier pas­sion­nant, dans lequel on s’investit avec beau­coup d’intensité.
Quand je sol­li­cite mon équipe pour qu’elle s’implique à 100 % dans son tra­vail, il me paraît indis­pen­sable de lui ren­voyer l’ascenseur, via des signes forts.
Dans nos métiers, il faut comp­ter entre cinq et dix ans pour consti­tuer une équipe effi­cace et pou­voir tra­vailler intel­li­gem­ment ensemble.
L’objectif est donc de tout faire pour gar­der son équipe le plus long­temps pos­sible et dans les meilleures condi­tions de travail !

Agir Mag : Ces ini­tia­tives se développent-elles dans les métiers de l’artisanat ?

S. R. : Il y a une ving­taine d’années, il aurait été incon­ce­vable qu’un arti­san pro­pose à ses sala­riés des cours de relaxation.
A l’époque, on ne par­lait pas non plus de pro­tec­tions audi­tives et on com­men­çait tout juste à faire atten­tion au dos.
Dans cet uni­vers alors exclu­si­ve­ment mas­cu­lin, toute atten­tion por­tée à soi et à sa san­té était per­çue comme une faiblesse.
Mais la culture de l’artisanat a beau­coup évo­lué, même si on observe encore beau­coup d’écarts entre les entreprises.
Les mesures prises en faveur de la san­té et de la sécu­ri­té relèvent fina­le­ment beau­coup de l’engagement indi­vi­duel du chef d’entreprise.

Témoignage : Yannick, Ferronnier et appren­ti yogi

« Quand Steaven nous a pro­po­sé ces cours de yoga, nous avons tous été un peu surpris.
Ce genre d’initiative n’est pas mon­naie cou­rante dans le secteur.
Ensuite, j’ai beau­coup appré­cié la dis­ci­pline, même si se rendre aux cours néces­si­tait un inves­tis­se­ment assez impor­tant : il fal­lait se moti­ver pour enchaî­ner une grosse jour­née de tra­vail avec une acti­vi­té fina­le­ment assez intense physiquement.
Chaque séance se ter­mi­nait sur un moment de relaxa­tion : c’était inté­res­sant d’apprendre à lâcher prise, à s’évader.
Et cela garan­tis­sait une très bonne nuit de som­meil ! »

Agir Magzine©, texte et pho­to Anne-Claire Gras
http://www.agir-mag.com

Pour la bonne san­té de votre entre­prise et ses col­la­bo­ra­teurs, un abon­ne­ment à Agir Magazine est for­te­ment conseillé.”

 

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