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Bio or not to be

« Chaque minute dans le monde, 5 chevaux, 22 chiens, 400 veaux et vaches, 700 moutons, 930 dindes, 1 700 cochons, 3 000 canards et plus de 60 000 poulets sont abattus pour la consommation humaine. » Martin Gibert, Voir son steak comme un animal mort

Pourquoi est-il primordial aujourd’hui de faire le choix d’une alimentation bio et à tendance végétarienne ?

LA POLITIQUE DE L’AUTRUCHE

Nombreux seraient effarés mais surtout pris de nausées s’ils découvraient ce que contient réellement leur assiette et la genèse des aliments qui s’y trouvent.

Trop souvent, le goût et la recherche du meilleur prix dictent les habitudes de consommation. Le questionnement sur les techniques de culture, les conditions d’élevage des animaux, les conditions de travail de nos agriculteurs, paysans et pêcheurs est inexistant chez la grande majorité.

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Un vide sidéral qui pourtant doit leur remplir chaque jour la panse. Ils mettent des mois à choisir leur nouveau modèle de téléphone alors qu’ils rempliront machinalement leur cadi en quelques minutes et passeront autant de temps en cuisine.

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Ceux qui mangent bio les font bien rire parce que le bio c’est de l’arnaque ; y a plus important que le bonheur de nos vaches et faut bien produire plus parce que sur terre on est quand même super nombreux. Voilà comment réduire l’acte de se nourrir à celui de se rassasier.

Et si nous leur faisions vraiment changer d’avis, mais surtout de couleur.

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Expliquez-leurs que la viande bon marché qu’ils consomment est issue d’animaux malades (et pratiquement systématiquement atteints de leucémie) ; que leur grand verre de lait industriel (pour le calcium !) peut contenir des résidus d’antibiotiques et du pue provenant des mamelles irritées des vaches à force de traites ; que les bonbons qu’ils achètent à leurs enfants contiennent de la gélatine de porc (et à mon avis pas issue du filet-mignon) ; ou encore que leurs œufs de batterie ont été pondus par une poule débectée, déplumée, aveugle, malade et vivant dans ses excréments.

Comment ne pas se sentir concerné par ce que l’on mange et la façon dont tout cela est produit.

L’impact sur notre santé et sur notre terre sont dévastateurs. Ces changements d’habitudes ne demandent aucun sacrifice juste un peu plus de responsabilisation.

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1.3 MILLIARDS D’AMIS

Il est impossible de ne pas revendiquer des choix alimentaires biologiques sans militer en faveur d’une alimentation à tendance végétarienne. Si consommation de viande il y a, elle doit être exceptionnelle, de qualité biologique et être issue d’élevage respectueux de l’animal.

Il faut réaliser et faire réaliser aux enfants notamment que nous ne mangeons pas un steak, ni un faux-filet, ni un rôti, ni des nuggets… mais le morceau d’un corps qui a été animé de vie, d’envie de vivre, d’amour et d’une conscience.

LE STATUT DE L’ANIMAL DOMESTIQUE

On désigne par animal domestique, toute espèce vivant « au voisinage de la maison » sans obligatoirement avoir été domestiquée par l’homme. Le moineau, la mouche, la vache… font partie de cette catégorie. Les animaux de compagnie, dotés de « qualités sociales » et recevant pour cela la protection de l’homme (chien, chat, hamster…) et les animaux d’élevage sont regroupés sous ce terme.

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Le 28 janvier 2015, la qualité « d’êtres vivants doués de sensibilité » associée au statut des animaux domestiques a enfin été inscrite dans le Code civil qui les considérait, depuis 1804, comme « des biens meubles« .

Beaucoup y ont vu une réelle avancée, alors qu’il ne s’agissait que d’une harmonisation des textes juridiques à l’échelle nationale et européenne, puisque que le Code pénal, le Code rural et le droit européen leur reconnaissaient déjà ce statut.

Cet amendement (l’amendement Galvany, du nom du député PS qui l’a défendu) a pourtant failli ne jamais voir le jour. Voté par l’Assemblée nationale, le texte avait été rejeté quelques jours auparavant par le Sénat, certainement tenaillé par les lobbies de la chasse et de l’élevage.

Paradoxalement, depuis 1976 (loi sur la protection de la Nature), le Code rural reconnait la qualité d’être sensible aux animaux de rente qui sont élevés pour leur viande, leur peau, leur fourrure, leur laine, leurs œufs, leur graisse, leurs os… ou gardés à des fins agricoles.

Pourtant, cette reconnaissance n’a jamais freiné ni empêché leur abattage massif (1.3 milliard par an, chiffre qui ne prend pas en compte les animaux morts pendant leur élevage ou leur transport), et la perpétuation de conditions d’élevage ignobles. Et, juste pour vous donner le vertige, 1 900 animaux sont abattus chaque seconde dans le monde, soit 60 milliards par an.

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Quant aux animaux sauvages, dont le statut est défini dans le Code de l’environnement, ils demeurent toujours ignorés et maintenus au statut d’objet. Les actes de cruauté envers ces animaux ne sont donc pas reconnus par les tribunaux, exception faite aux espèces protégées.

C’est étrange de noter à l’évocation de ces faits que celui qui manque le plus de sensibilité n’est pas celui que l’on croit…

UNE VALSE A MILLE VACHES

Le sujet à fait grand bruit dans les medias (et j’espère dans les consciences) et pour cause. Dans le département de la Somme, la plus grande ferme d’élevage de vaches laitières est sortie de terre (de l’enfer ?), au mois de septembre 2014. Sur près de 8 500 m2, se trouvent un hangar, une salle de traite et deux méthaniseurs de puissance industrielle et pas un seul mètre carré de prés verts !

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Le premier objectif commercial de cette structure est de revendre à EDF le méthane (issu de la transformation des excréments) dont les effets de serre sont encore plus puissants que ceux du gaz carbonique.

Le second objectif, vendre le digestat (une fois le gaz extrait, un liquide résiduel est récupéré, car riche en phosphore et en azote, précurseur des nitrates) comme fertilisant, alors qu’il est reconnu favoriser la prolifération des algues vertes et la pollution des nappes phréatiques.

Le second objectif de cette folie, produire 8 millions de litres de lait par an grâce à 1 000 vaches (elles sont 500 en moyenne à ce jour), alors que la moyenne d’une ferme standard française (environ 50 bovins) se situe aux alentours de 300 000 litres par an.

Les vaches, exploitées comme des machines, sont confinées, sans possibilité de sortir, dans des boxes métalliques (dont la surface représente la moitié d’une place de parking), dénués de pailles, reliées pratiquement 24h sur 24 à des machines à traire (3 traites par jour) et inséminées à la chaîne.
Pour maintenir le cheptel « sain » et simplement à tire préventif, le recours aux antibiotiques est massif malgré le risque que se développent des antibio-résistances autant chez les vaches que chez les hommes à leur contact. A ce jour, plus de 26 % des vaches auraient déjà succombé à leur condition d’élevage.

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Lorsque que le troupeau atteindra les 1 000 têtes, 40 000 kg de nourriture devront être acheminés quotidiennement à l’exploitation, dont la majeure partie est produite en Amérique du Sud (bonjour le bilan carbone et les OGM).

A l’origine du projet, point d’éleveurs, mais un homme d’affaires ayant fait fortune dans le BTP ! Un mélange des genres dangereux tant pour des raisons de santé publique que d’environnement. Une ferme ne peut pas fonctionner avec les mêmes logiques (illogiques nous sommes d’accord) qu’une usine.

Depuis le 31 mars 2015, les quotas de production laitière ont été abolis eu Europe… de belles perspectives pour tous ceux qui cherchent à produire toujours plus et à moindre coût.

POULAILLER’S SONG

La France produit en moyenne 1.8 tonnes de volailles par an (chiffre 2012 de l’APVF, Association pour la promotion de la volaille en France), dont 80% en élevage intensif. Un Français consomme en moyenne 25 kg de poulet par an contre 13 kg en moyenne par personne dans le monde. Ce chiffre en dit long sur l’appétence qui existe pour cette viande.

Pourtant, sa production est l’une des plus cruelles et révoltantes.

Dans les élevages traditionnels en batterie (dispositions linéaires de cages métalliques sur plusieurs niveaux), pour vivre (quel grand mot !), l’animal dispose d’un espace de la taille d’une feuille de papier A4, au sein duquel il ne peut pas bien entendu étendre ses ailes, ni bouger d’ailleurs. On leur brûle le bec afin qu’ils ne puissent pas s’entre-tuer et parfois leurs ailes sont sciemment brisées. Leur litière est inexistante et remplacée par leurs excréments dont le contact entraine de graves inflammations cutanées. Ils doivent atteindre leur poids d’abattage en 38 jours, contre 80 jours il y a 30 ans.

Pour cela, ils sont bourrés d’hormones et d’antibiotiques. Pour résumer, l’escalope de poulet déplumée et dénervée dans votre assiette a été prélevée sur un animal malade, déformé par la souffrance et maintenu en vie grâce à la chimie.

Lorsque nous consommons cette viande, nous assimilons également les hormones du stress sécrétées au moment de l’abattage (et certains pensent encore que les animaux n’ont pas de conscience…), les traitements médicamenteux et hormonaux qu’il a reçus mais aussi l’ensemble des déchets que l’animal possédait dans son sang et ses muscles.

Ainsi, nous n’apportons pas à notre corps une source d’énergie mais bel et bien une surcharge qu’il cherchera à drainer. Et je ne vous parle pas de ce qui s’opère énergétiquement…

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Bio-cochon

Bien entendu, j’aurais pu également évoquer le sort des porcs et des cochons, des lapins, des chevaux de boucherie, des animaux élevés pour leur fourrure

Cet article n’a pas du tout pour vocation de faire un catalogue des abominations que nous faisons subir aux animaux destinés à la consommation ou à notre bien-être, mais de rappeler combien le système agro-alimentaire est mené par une économie absurde mais rarement animé de soucis de santé publique ou d’environnement et cautionné par l’inactivité de chacun.

Pierre Rabhi, dans son magnifique livre, La Part du Colibri, écrit : « Comment se fait-il que le monde animal, à savoir les créatures compagnes de notre destin et auxquelles nous devons même notre propre survie à travers l’histoire, soit ravalé dans notre société d’hyper-consommation à des masses ou à des fabriques de protéines ? Comment les mammifères bipèdes auxquels j’appartiens ont-ils pu se croire le droit d’exercer d’innombrables exactions sur le monde animal, domestique ou sauvage ?« 

N’est-il pas temps de faire sa part ? En tant que consommateur, notre porte-monnaie est notre meilleur atout pour influencer ceux qui nous nourrissent. Boycotter des produits (les marques utilisant les produits commercialisés par Monsanto, la viande issue d’élevage intensif…), favoriser au contraire l’achat de certains autres (le bio, le local, les petits producteurs et éleveurs) et changer ses habitudes alimentaires (tendre vers le végétarisme, sachant que la viande représente en France 50% du budget consacré à l’alimentation !).

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Nous manquons illusoirement de temps pour tout. Or, choisir avec soin nos aliments, ceux-là mêmes qui, une fois assimilés, deviendront notre propre matière, devrait retenir toute notre attention ; d’autant plus quand ces choix ont un impact si puissant sur la santé et également sur notre belle planète.

☆ Laure Terrier de la Chaise ☆

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Naturopathe et professeure de Hatha Yoga, j’écris sur toutes mes sources d’inspiration ! L’alimentation vivante, le bien-être, le Yoga, la spiritualité…
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